Pour commencer, quelques brèves notions d’anatomie et de physiologie importantes pour comprendre la suite de l’exposé. La peau est un organe comportant de nombreux récepteurs de formes, de tailles, de localisations différentes. Chaque récepteur est sensible à certains stimuli et va induire un signal qui sera transmis via les fibres nerveuses au cerveau qui intégrera ces signaux et établira une réponse adéquate. Par exemple, c’est ce qui se passe lorsque l’on met la main sur une plaque brûlante. Le cerveau ordonne immédiatement le retrait de la main du feu. Le principe du K-Taping s’appuie sur ce concept.
Qu’est-ce qu’une K-Tape ?
Il s’agit d’une bande de coton dépourvue de toutes substances pharmacologiques. Elle est revêtue d’acrylique ondulé qui permet l’adhésion à la peau. Elle résiste à l’eau, perméable à la transpiration et permet la respiration de la peau. Dans les bandes de bonne qualité, il n’y a pas de latex. Il existe différentes marques mais toutes ne se valent pas !
Quelles sont les principaux objectifs de cette thérapie ?
- Amélioration de la fonction musculaire (ex : détendre un muscle en cas de contracture ou au contraire stimuler un muscle en cas de manque de tonus)
- Amélioration de la circulation sanguine et lymphatique (ex : œdème lymphatique…)
- Diminution de la douleur
- Amélioration du contrôle proprioceptif
- Correction fonctionnelle et mécanique et soutien passif sans perte de mobilité articulaire
- Accélération de la guérison et de la cicatrisation.
Quelles sont les indications du K-Taping ?
Elles sont nombreuses et la liste n’est pas exhaustive :
- Tendinopathie (photo 1)
- Entorse
- Déséquilibre musculaire (agoniste antagoniste)
- Contracture musculaire
- Déchirure musculaire
- Troubles posturaux (photo 3)
- Douleur (photo 3)
- Hématome
- Cicatrise
- Œdème lymphatique
- Certaines fractures non chirurgicales comme les côtes
- Arthrose (à visée antalgique) ( photo 2)
Qui peux poser les bandes ?
La technique de pose est complexe et nécessite une évaluation clinique avant chaque pose.
Il faut s’adapter au patient ou à l’athlète et respecter sa physionomie.
Le thérapeute est en principe kinésithérapeute, ostéopathe, médecin, podologue, sage-femme, et doit être formé à la technique.
Il ne suffit pas de coller les bandes n’importe comment. Le sens de pose, le degré d’étirement et les associations d’application sont essentiels pour une efficacité. Des bandes mal positionnées peuvent provoquer une douleur !
Existe-t-il des contre-indications ?
OUI
Contre-indications absolues : Thromboses veineuses (phlébite) ; plaie ; éruption cutanée ; psoriasis ; la fixation des bandes sur le sacrum chez la femme enceinte (risque de fausse couche).
Contre-indications relatives (à évaluer la situation au cas par cas) : diabétique (zone d’injection d’insuline), fragilité cutanée (personne âgée, nouveau-né, brûlure), les anticoagulants
Les couleurs sont-elles purement esthétiques ?
NON
Il existe seulement 4 couleurs Bleu/Noir/Rose/Beige.
Le code couleur est un « langage » pour comprendre le montage.
La chromothérapie s’applique au K-Taping. La couleur bleue ou noire est utilisée en aigu, pour refroidir. Le rose ou le beige sont employés pour les douleurs chroniques.
Certaines grandes enseignes commercialisent des bandes d’autres couleurs mais ceci n’est pas conforme au principe de la thérapie par K-Taping.
Quelles précautions faut-il prendre ?
Le K-Taping doit être enlevé au bout de 7 jours. Il faut bien savonner la peau pour permettre la desquamation.
Il doit toujours être collé complètement. Si les angles se décollent, il faut les couper à ras de la peau.
Vous pouvez prendre votre douche et même aller à la piscine avec, il ne se décollera pas. Par contre la chaleur va le décoller, donc éviter le sèche-cheveux !
On est parfois amené à raser la zone à traiter si elle est trop pileuse pour permettre l’action du K-Taping.
Votre praticien vous conseillera sur l’activité physique adaptée. La zone traitée reste libre des mouvements à la différence du strapping qui bloque l’articulation.
Pour conclure cet exposé, je vous joins quelques exemples en image.
Cette approche thérapeutique a une place dans la prise en charge non médicamenteuse des pathologies de l’appareil locomoteur. Elle a une action sur la douleur et sur l’amélioration de la fonction articulaire. Elle est dépourvue de substances pharmacologiques ce qui lui permet d’être bien tolérée.
Attention, cette technique peut être interdite en compétition dans certains sports comme la natation.
Exemples d’application :